Domaineur : gagner de l’argent en vendant des noms de domaine, est-ce possible ?

Entretien avec le domaineur David Chelly sur le secteur méconnu de vente de noms de domaine.

Souvent assimilé au cybersquatting, phishing, ou bien contacté lorsqu’un nom de domaine n’est pas disponible, le métier de domaineur peu ou mal connu du grand public. En achetant et revendant des noms de domaine, les domaineurs représentent néanmoins une partie non-négligeable de l’économie de ce secteur.
Ou du moins est-ce l’image que l’on souhaiterait véhiculer, au regard de certaines ventes de noms de domaine aux montants spectaculaires.

En quoi consiste le métier de domaineur et quel avenir pour ce secteur ? Comment comprendre les success stories liées à la vente de noms de domaine ?

 

Le métier de domaineur entre mythe et réalité

 

Avant 2010, des débuts prometteurs

C’est au début des années 2000 que le métier de domaineur fait son apparition. Le principe est simple : l’achat et la revente de noms de domaine. La disponibilité d’un nom de domaine est un critère primordial pour toute entreprise. En se positionnant comme un intermédiaire indispensable, le domaineur s’assure de revendre à plus haut prix le domaine préalablement acheté.

Cette pratique représente une partie des bénéfices perçus lors de la vente de noms de domaine. Néanmoins, nous en conviendrons, le temps peut être long entre l’achat d’un dit nom de domaine et sa revente. C’est pourquoi, jusqu’avant 2010, les domaineurs pouvaient utiliser leurs noms de domaine en « page parking ». Cela signifie que ces pages étaient utilisées pour afficher des publicités qui généraient des revenus aux propriétaires (les domaineurs).

À cette époque, le métier de domaineur était donc plus rentable et prolifique qu’il ne l’est aujourd’hui. Il jouit d’une image moderne, allouant beaucoup de valeur aux noms de domaine. Le métier de domaineur est présenté comme un eldorado. Aux Etats Unis notamment, de nombreuses success stories ont émergé mettant en scène des domaineurs ayant fait fortune, comme l’explique David Chelly :

« Le plus souvent, la réalité est à minima romancée, en prenant bien soin de choisir des héros qui ressemblent à Monsieur Tout le Monde (…). L’accent fut par exemple mis sur la formidable réussite du célèbre Frank Shilling, que ses parents ont envoyé au Canada lorsqu’il était enfant pour fuir l’Allemagne communiste (…) Rick Schwartz, commercial ruiné (…) ou sur le caractère visionnaire d’un Scott Day, ancien cultivateur de pastèques. »

 

Après 2010, le métier de domaineur : un secteur en déclin

Au fur et à mesure des années, la légifération digitale a évolué. Malheureusement pour les domaineurs, ces évolutions se sont faites au détriment de leur business model. En effet, à partir de 2010, les revenus dégagés par les « pages parking » diminuent fortement. Un déclin qui n’améliorera pas la condition des domaineurs puisqu’elles leurs permettaient de s’assurer un revenu stable.

Aujourd’hui, les sources de revenus sont faibles et les réels acteurs du secteur du domaining se font de plus en plus rares. En réalité, comme le dit David Chelly :

« 99 % au moins des personnes qui se disent domaineurs arrêtent l’activité dès que surviennent les premiers renouvellements, ou avant ».

 

Domaineur, une actualité toujours brûlante

 

Des ventes pharamineuses…

Si l’activité de domaineur n’est plus aussi florissante qu’elle a pu l’être, certaines ventes de noms de domaine dégagent malgré tout de sérieux bénéfices. Relayées sur les différents médias, elles procurent à chaque fois un mélange de crédulité et d’enthousiasme. Comment la vente de noms de domaines peut atteindre des dizaines de millions de dollars ?

La dernière en date, est voice.com. Vendue en 2019 à 30 millions de dollars, elle prend la tête du classement des noms de domaine les plus chers. Suivit de près par 360.com puis Sex.com vendus à respectivement 17 et 13 millions de dollars.

Il existe en réalité de nombreux classements des ventes records de noms de domaine dans le monde. La véracité de ces classements peut néanmoins être remise en cause puisque de nombreuses ventes se font éloignées des regards du public. Quoi qu’il en soit, les chiffres relatés sont officiels et donnent une idée de la valeur (peut-être fictive) de certains noms de domaine.

 

À relativiser sous certains aspects.

Si des ventes semblent démesurées, c’est peut-être qu’elles le sont. En effet, certaines ventes, par leurs médiatisations excessives, permettent de valoriser une extension, un marché, etc. Selon des professionnels du secteur, certaines ventes seraient en réalité des « coups de communication » et ne seraient pas le reflet de la réelle santé du marché.

« L’un des cas les plus connus fut le prétendu achat en 2006 par Rick Schwartz, autoproclamé « Domain King », du nom de domaine flowers.mobi, pour la modeste somme de … $200,000 ! Quand bien même tous les participants furent choqués par le pauvre jeu d’acteurs des protagonistes à ce simulacre d’enchère, la vente fut bel et bien publiée et même relayée par les médias du monde entier, donnant une impulsion exceptionnelle à l’extension MOBI, ce qui était évidemment le but de l’opération. »

En faisant artificiellement grimpé la valeur d’un nom de domaine, le bénéfice est double : d’une part une vente plus élevée, d’autre part un gain de visibilité.

Ces pratiques ne sont pas rares et rendent difficile une bonne lecture du marché.

 

Le mot de la fin !

 

Alors, est-il possible de gagner de l’argent en vendant des noms de domaine ? Nous serions tentés de répondre oui. Finalement, le secteur des noms de domaine ne fait pas exception à la majorité des activités. Certes, depuis 2010, les sources de revenus sont limitées et le secteur considéré comme prolifique l’est aujourd’hui beaucoup moins.

Certains revendeurs arrivent à dégager une activité conséquente et à vivre mais il s’agit d’une minorité. Comme le dit David Chelly :

« Pour ma part, c’est plutôt un hobby, le marché n’est pas assez liquide pour en faire son activité principale.  Je récupère et je vends quelques milliers de domaines par an, mais les marges sont très faibles et l’activité est chronophage et difficile à automatiser ».

Netim travaille avec de nombreux revendeurs et dispose d’un programme dédié (API, marque blanche, etc.). Si vous souhaitez en savoir plus découvrez notre programme revendeur.

 

Retrouvez David Chelly sur twitter

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